CFDT EMPLOI

Conseil en Évolution Professionnelle à Pôle Emploi : un déploiement qui doit rendre de l’autonomie aux conseillers

24 Apr 2017

Le CEP….pourquoi faire ?

 

Alors que la nouvelle Convention Assurance Chômage prévoit de nouveaux abondements en heures de formation pour les demandeurs d’emploi senior, et donc renforce le rôle du Conseil en Évolution professionnelle (CEP), la mise en œuvre du CEP par Pole Emploi fait l’objet pour la CFDT d’une attention toute particulière compte tenu de son importance et de son impact pour le personnel et pour les publics de Pole Emploi.

 

Depuis le 1er Janvier 2015, Pôle emploi doit mettre en œuvre comme d’autres opérateurs publics, le Conseil en Évolution Professionnelle. Il s’agit d’un dispositif, à l’origine porté par la CFDT, visant à renforcer la sécurisation des parcours professionnelles de tous les actifs, y compris pour les demandeurs d’emploi,  par un accompagnement personnalisé et individualisé sur toute demande de projet et d’évolution professionnelle.

 

Un travail de fond des partenaires sociaux et de l’État a permis d’aboutir à la construction d’un cahier des charges précis et d’encadrer le tout encadré par la loi du 5 mars 2014.

 

 

Un dispositif mal maitrisé par la direction de pole emploi :

 

Près de 2 ans après la mise en place du dispositif, il apparait de plus en plus clairement que le CEP ne faisait pas franchement partie des plans du DG Pôle emploi, dont l’obsession reste la transformation digitale et numérique.

Elle est contrainte de le déployer ? Qu’à cela ne tienne, la Direction de Pôle Emploi livrera une version toute personnelle du dispositif, en l’intégrant dans l’offre de service déjà existante sans forcément respecter l’esprit du CEP.

 

La présentation faite par Pôle Emploi lors de son audition par le CNEFOP est très révélatrice : une présentation ultra synthétique faisant rentrer le CEP dans les interstices de services déjà définis, à grand coup de graphiques et d’indicateurs !

Avec un argument massue de la Direction Générale : Pôle emploi est l’opérateur dispensant déjà du conseil en évolution professionnelle !

 

C’est à se demander pourquoi une loi a été nécessaire pour créer ce dispositif !

Peu importe que le CNEFOP rappelle que « la réussite du CEP ne se mesure pas au nombre de bénéficiaires », peu importe également que l’organisation mise en place par la DG des bénéficiaires du CEP (= tous les demandeurs d’emploi accompagnés dans le cadre des modalités « guidée » et « renforcée ») constitue un évident détournement du dispositif à des fins statistiques.

 

De là à considérer que la DG Pôle emploi fait comme bon lui semble…il n’y a qu’un pas !

 

 

Pôle Emploi: Une mise en œuvre laborieuse malgré des besoins évidents

 

La CFDT emploi a dénoncé très rapidement les effet pervers de cette mise en œuvre sur les conditions de travail des conseillers Pole Emploi. Si ce ne sont pas les orientations du DG qui s’adaptent, ce sont les conseillers qui devront le faire.

 

Or, si la direction générale part du principe que le déploiement du CEP ne change finalement rien, il ne faut pas s’étonner que le changement de posture et le renforcement de la technicité qu’implique en réalité le CEP se réalise si difficilement.

 

L’orientation professionnelle devrait constituer le cœur de l’activité des conseillers qui accompagnent les demandeurs d’emploi : pour autant les mots d’ordre depuis la création de Pôle emploi restent beaucoup basés sur « rapprochement des offres d’emploi » « métiers en tension » « mise en relation » « CV en ligne » alors comment permettre aux conseillers d’être des acteurs du CEP tel qu’il a été conçu au départ ?

 

L’obsession de Pole Emploi pour les indicateurs et statistiques… 

 

De la même manière, l’incapacité de la DG de Pole Emploi à voir l’orientation autrement que par le seul prisme quantitatif, là où il faudrait aussi travailler sur le qualitatif, se traduit de la même façon lors du déploiement du plan 500 000 formations et de décisions très discutables: Injonction à inscrire les Demandeurs d’Emploi sur les places achetées par les régions et à moins utiliser les AIF, baisse de l’enveloppe financière pour le financement des formations par le biais des AIF,  pression constantes sur les ELD et les agents pour atteindre les objectifs chiffrés en matière d’entrée en formation : puisque le DG ne veut pas bouger d’un iota, c’est sur l’autonomie des conseillers et des ELD que l’on grignote la marge de manœuvre nécessaire pour « rentrer dans les clous » de ces contraintes imposées !

 

Tout ceci est en contradiction même avec l’esprit du CEP !

 

 

Des besoins réels auxquels il faut répondre

 

Pour la CFDT Emploi cette situation est inacceptable tant pour les demandeurs d’emploi que pour les conseillers et les Eld : il est grand temps que la direction générale prenne ses responsabilités.

 

Nous attendons une réelle prise de conscience qui se traduise dans les faits en matière de formation des agents à l’orientation professionnelle ou dans la manière de déployer le plan 500 000 formations.

 

La CFDT prône la mise en place d’un vrai parcours de formation à l’orientation professionnelle pour les conseillers qui n’ont pu appréhender cette activité qu’à travers OTLV et la reconnaissance des compétences des conseillers ayant précédemment exercé cette activité et qui justifie d’une expérience qui doit être valorisée.

 

 

Travailler ensemble

 

L’intégration actuelle des psychologues du travail dans les agences Pole Emploi est aussi un levier important qui ne pourra fonctionner qu’à condition que ce déploiement se fasse sans marche forcée, en clarifiant le rôle de chacun et en tenant compte des préconisations faites par le dialogue social et les représentants du personnel en donnant de vraies marges de manœuvre à celles et ceux qui seront en situation de mettre en œuvre le CEP.

 

Les injonctions statistiques ne sont pas compatibles avec le travail de fond que nécessite le CEP.

 

 

De Vraies marges de manœuvre

 

  •  La CFDT demande que les marges de manœuvre nécessaires à l’accomplissement de leurs missions soient rendues aux conseillers, aux psychologues du travail et aux ELD. Les conseillers doivent pouvoir bénéficier de plages dédiées au CEP, accompagner en CEP les demandeurs d’emploi qui en font la demande, définir avec chaque demandeur les modalités d’échange et le dispositif de formation le plus pertinent en regard du projet exprimé.

  •  La CFDT exige que la Direction Générale fasse un point d’étape QUALITATIF sur le plan 500 000 formations en y intégrant : la satisfaction des demandeurs d’emploi vis-à-vis des formations suivies et des organismes, le nombre de retour à un emploi durable dans le domaine de la formation suivie, une mesure de leur pertinence dans une logique de parcours vers un projet professionnel identifié.

  •  La CFDT exige enfin que la DG revoit sa manière de comptabiliser les bénéficiaires du CEP en conformité avec le cahier des charges du CNEFOP et intègre davantage dans son organisation la dimension de la qualité du service rendu dans l’optique de sécurisation des parcours professionnels que la CFDT a toujours défendu.

 

Nous reviendrons dans les prochaines semaines sur ce sujet : l’actualité de la nouvelle convention assurance chômage nous en donnera l’occasion !

 

 

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